Je suis la seule de mon service à participer hélas ; les raisons invoquées étant « manque de temps », « encore une enquête », …
Le dispositif Evrest n’est pas une enquête, mais un recueil continu d’informations standardisées collectées lors des consultations périodiques de médecine et santé au travail. Le temps du recueil requis n’est pas plus long qu’une visite habituelle sans ce questionnaire-support, puisque les questions posées sont celles du déroulement d’une consultation banale de médecine du travail. Ce qui, éventuellement, peut rallonger le temps de la visite, ce sont les discussions qui surviennent à la suite de réponses à certaines questions du questionnaire ; questions que l’on aurait peut-être pas posée dans une consultation de « routine » lorsqu’on croit savoir ou, plus simplement lorsqu’on oublie de poser la question. Par exemple une réponse « oui » à « avoir peur de perdre son emploi » alors qu’on ne sait pas encore que le carnet de commandes a sérieusement diminué. Evrest apparaît alors comme une sorte de « garde-fou » pour explorer le contenu du travail.
Par contre, la saisie des questionnaires dans la base de données demande effectivement un peu de temps (mais moins de 5 minutes par questionnaire), ce travail étant à demander à la secrétaire. Par ailleurs, la participation à Evrest est basée sur le volontariat des médecins du travail. Ceux-ci doivent donc être motivés et y trouver un intérêt. Et cet intérêt consiste à savoir que l’on participe aux résultats chiffrés que nous rend l’équipe de recherche qui exploite les données. Ces résultats rendus sur des études thématiques, dans le cadre des publications « Evrest Résultats », nous permettent d’en informer les salariés ou les entreprises concernées (tels que les chauffeurs PL, la grande distribution, les métiers de soin, …). L’existence de ces données quantitatives, qui portent sur les risques professionnels mais aussi sur la santé des personnes actives devraient donc motiver de nouveaux médecins du travail.
L’intérêt ne sera vraiment évident que si nous avons suffisamment de participation et arrivons à tenir le pari dans le temps. C’est le suivi longitudinal qui montrera tout l’intérêt du dispositif Evrest qui a donc été construit pour être un observatoire. Pour cette raison, il n’est pas une enquête.
Peut-on obtenir les noms des médecins participants ?
Les noms des médecins participants n’ont pas à être divulgués. Ils ne seront pas non plus cités dans les publications (des remerciements aux médecins participants seront par contre présentés). En revanche, dans un service de santé au travail (SST), les noms des médecins participants peuvent être communiqués à une Commission Médico Technique (CMT), dans le cadre d’un projet de service, en cas d’accord de cette dernière (via le référent Evrest du service, s’il existe).